Celles qu’on ne voit pas

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« Celles qu’on ne voit pas » c’est une série de portrait féminin, sur laquelle je travaille depuis quelques années. Et peut se présenter comme un projet artistique et engagé autour des femmes, invisibilisées encore la plupart du temps.

Celles dont les histoires, les corps, les émotions ou les combats passent sous silence dans le quotidien.

J’ai commencé à travailler sur ce projet pour y exprimer mes propres émotions, douleurs, peurs, doutes… De base c’était un projet thérapeutique personnel, qui s’est transformé en un projet collectif global♥

Ce projet de toute une vie, ma vie, prend donc la forme d’une série de portraits féminins, réels ou symboliques, qui donnent une présence à ces femmes effacées : celles qui doutent, celles qui portent trop, celles qui se reconstruisent, celles qu’on ne regarde pas assez, ou qu’on regarde mal, celles qui ne savent plus où aller, celles qui n’ont plus confiance, celles qui ont peur, celles qui souffrent, celles qu’on oublie….

L’idée centrale, c’est de transformer l’invisible en trace permanente sur la peau. Pour ne jamais oublier !

Chaque dessin devient une sorte de témoignage intime.

Artistiquement, j’aime y mélanger mon univers réaliste couleur et abstrait :

  • des visages partiellement révélés, comme si l’identité se construisait ou se cachait encore
  • des éléments naturels (plantes, vent, eau, animaux) pour symboliser les émotions ou les cycles
  • des textures abstraites qui traduisent les blessures, les renaissances, les silences
  • des corps présents mais jamais totalement exposés, comme pour respecter une pudeur ou une histoire incomplète
  • des couleurs en rapport avec l’émotion exprimée à un instant donné.

Dans la démarche du tatouage, ce projet devient donc une collection vivante.

Chaque client.e choisit une “invisible” en résonance avec son vécu, même si mes symboliques peuvent être différentes du ressenti qu’on peut y voir personnellement.

Au fond, ce projet parle de reconnaissance : rendre visibles des présences qui existent déjà, mais qu’on ne regarde pas assez.

Pourquoi j’ai choisi la femme comme Totem de mon Art ?

J’ai choisi la femme parce qu’elle porte encore aujourd’hui un combat quotidien qui n’est pas théorique, mais vécu dans le corps, le regard des autres et les situations concrètes du quotidien.

Ce combat, c’est celui de l’égalité réelle. Même si les droits existent sur le papier, la femme doit encore souvent prouver sa légitimité, sa compétence, sa valeur, sa place. Dans le travail, dans la rue, dans les relations, dans la parole : il reste des déséquilibres, parfois subtils, parfois très directs.

Choisir la femme, c’est donc mettre en lumière une réalité qui n’est pas encore complètement reconnue. C’est rappeler que la femme n’est pas “moins”, ni “à côté”, mais qu’elle avance encore dans un monde qui n’est pas totalement ajusté à son égalité.

C’est aussi parler de résilience. Parce que malgré ces tensions, ces freins et ces injustices, les femmes continuent de créer, de porter, de construire, de protéger, de s’exprimer… Il y a une force silencieuse dans ce quotidien là, qui mérite d’être représentée sans cliché.

Dans mon approche artistique, la femme devient alors un symbole vivant : pas seulement une identité, mais un terrain de lutte, de mémoire et de transformation. Mon travail ne parle pas uniquement d’esthétique ou de portrait féminin, il parle de reconnaissance et de visibilité, de ce qui existe déjà mais qu’on continue parfois à minimiser.

En choisissant la femme, je choisis donc de donner une forme visible à un combat encore en cours, et de le transformer en image et en émotion.

Le combat ne sera jamais, jamais, jamais terminé hélas !

« Celles qu’on ne voit pas », c’est moi, toi, nous toutes ♥

Les photos prises pendant les séances de tatouage de « Celles qu’on ne voit pas » ont un sens particulier. Elles ne sont pas là pour montrer seulement un geste artistique, mais pour témoigner d’un moment réel et intime.

Se faire tatouer, c’est souvent plus qu’un acte esthétique : c’est un passage. Un moment où quelque chose s’exprime, se transforme, se libère ou s’ancre.

À travers ces images, on voit aussi ce que le tatouage ne montre pas toujours une fois terminé : l’émotion, la concentration, parfois la vulnérabilité, parfois la force.

Ces femmes photographiées en train de se faire tatouer font partie du projet « Celles qu’on ne voit pas ». Parce qu’au-delà du résultat final, il y a aussi ce moment suspendu où elles existent pleinement dans leur histoire et dans leur corps.

L’idée n’est pas de mettre en scène, ni d’exposer, mais de rendre visible un instant vrai, avec respect et pudeur. Chaque image est une trace de confiance et de collaboration pour ce projet que nous construisons ensemble avec force, courage, résilience et amour♥

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